Bruno ODILE

21 avril 2018

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17 janvier 2018

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16 janvier 2018

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25 décembre 2017

Glouton et gloutonne, nous bravons l’adieu pour déjouer le feu.

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Il me faut dénouer l’errance de ses boucles de bohémienne et m’asseoir à l’intérieur d’une terre inoccupée. Les volets du temps claquent sur ma figure. Rien ne serait plus beau que notre enfance apparaissant au bord d’un labour d’eau et d’une rivière de frissons. Par l’amour nous sortirions de l’obscure caresse du temps et nous irions rejoindre l’air qui se blottit dans la motte. Faudrait-il toucher aux sillons ouverts pour que la matière nous ressuscite ? Je perds mon patois dans ce travail laborieux, partout les cordes servant à la pendaison sont devenues des lianes pour grimper. Il faut que tu me prêtes tes yeux pour que mon vagabondage s’arrête.

 

Le présent et la mort définitivement conjoints font relaxe. Toutes les accusations antérieures sont des protestations démantelées. Tout est à vivre. La vie d’abord. La frugalité cherche l’opulence. C’est le jeu des tourments où s’alignent le chaud et le froid du vertige. Il faut se rapprocher de la chair généreuse et oublier le bonheur ébauché par devant la joie intérieure. Nos âmes sont des feintes à la raison domestique et les mots arpentent nos volcans d’où jaillit sauvagement une vérité brute. Une seule braise suffit à féconder le feu. La nuit propice ne sait rien de la clarté aveuglante des astres qui courent l’infini.

 

Tu es cette autre roulotte qui me cache derrière ses planches et dont je créé le portrait au fusain de mes pensées. Allers et retours violents du verbe aimer sur ma langue, j’empoigne les volutes irréelles qui s’esbignent et se dispersent dans l’éventail de l’interprétation. Je te dessine maladroitement, je t’arrache des baisers innocents qui s’enroulent à mes nœuds. Par moment, il est si difficile d’apprendre à vivre. J’endure la transhumance de l’air et rien ne manque à l’imperfection de la route, ni le chaos, ni les épingles gravissant la montagne. En haut, sur la cime, je me transformerai en clocher ou en cathédrale. Je vibrerai de ma chair jusqu’au ciel pour que tu puisses m’entendre. Et si le ciel ne tremble pas, c’est que j’aurai perdu ma voix dans les nuages. C’est qu’il me faudra traverser de plus grandes étendues pour toucher l’aiguillon de l’horloge du monde.

 

Comme si mon avenir était resté sur ton visage, la cicatrisation viendra comme un baiser de la rencontre des fragments qui jonchent notre histoire. Sans toi, l’ivresse est rompue, momifiée dans l’élan perdu. L’enthousiasme s’est désaxé de ses ressorts et le tremplin nous renvoie toujours derrière. Nous tenions pourtant nos rires et nos joies entre nos mains. Nous étions le reflet d’un rêve, une calotte imprimée de fleurs frappant sur nos joues bien roses.

 

Mais les voies incontournables du destin ont contrarié toutes nos promesses douces. Sans doute ce levain était-il inscrit dans l’heure tourbillonnante de la fatalité. Celle qui n’a pas de langue pour dire, ni de dents pour croquer la farine du sablier. Nous sommes trop chargés de tous ces rêves emmaillotés dans nos refoulements. Nous avons laissé nos visages, là-bas, au loin, sur le bord du monde. Avec la distance, ils sont devenus des masques de bronze, des moulures incrustées aux écorces qui peuplent mes tourments comme des ampoules s’éclairant dans le noir où tu dors. 

 

Nous jaillissons de la nuit du temps pour renaître des selles liquides du désespoir. Nous guérissons de chaque instant et de chaque pépite dorée au cœur des étincelles. Nous marchons, enlacés et le détachement qui semblait nous séparer de la lumière, nous rapproche au plus près du feu originel. Dans un coin de campagne, sur la face glacée de nos songes, nous retrouverons les rires sanglotés de notre dernière rencontre.

 

Sans le goût du thym et de l’ail dans la bouche, nos vies plaident en faveur du feu qui les anime. Nos voix recousent les fentes percées par le néant comme un aperçu sur le regret. Et, à la surface de l’immédiat, l’air ne sait plus s’occuper que de lui-même. Sous chaque buisson, chaque bosquet, une étreinte d’herbes et de bois demeure couchée dans l’attente comme un nid dépeuplé promet une vie nouvelle.

 

Les mots se désaltèrent, restitués par le burin des songes. Sacoche à sangles et à fermoir, le cuir poli par l’usure, ils déversent ce qui a été trop longuement retenu dans nos bouches. En dehors du silence, l’illusion vient lustrer le réel de nos arêtes vives. Et dans ton regard fané, j’imagine un ruisseau qui s’écoule et le flot de nos cœurs emportant toute la vieille gaze qui entourait notre vigueur. Un peu plus loin encore, la persistance du souvenir impérissable gueule son foutre dans la fontaine aux miracles. L'épuration nous dit adieu et nous retenons nos souffles à l’intérieur des miroirs sans tain. Des messages dans l’ombre déstabilisent la clarté et désancrent la voix restée sur le fil invisible.

 

Aveugles et l’échine courbée, nous marchons contre le vent. L’air qui nous fait face est un mur solide. Nos voix sont refoulées et la matière se révèle liquide comme une soupe d’ortie. Je t’ai redonné corps dans cet ailleurs qui n’est pas le tien. Je t’ai fait revivre comme un jour terré sous l’empreinte de tes sourires. Jusqu’à plus soif. Jusqu’à rebâtir ton absence à l’intérieur du miracle de l’amour.

 

Je me suis rassemblé en une seule goulée au fond de la gorge qui perlait ta ressemblance. Ma suée était l’affirmation de ton remplacement. Mais la déchirure ne fut pas comblée. Mais l’absence n’était pas compensée. Alors, il m’a fallu défaire les sacs dans lesquels je croyais t’avoir conservée. Il m’a fallu reconnaître la fausseté du pas. Et, j’ai déchiré cette candide démarche infructueuse. J’ai mordu la terre qui m’a fait naître. Tu as disparu et l'amour plus faible que l'abstinence, aussi.

 

Je te fais désormais éclore dans l’air que je respire. Plus de cordées sans ivresse, des muselières blafardes chantent le gouffre refermé. Tu as disparu de l’ombre liquoreuse du chagrin. Des feux en bouilli sous les étoiles lancent leurs dernières flammes. Tout sonne faux sur la lime des heures anciennes. Tu as déclôturé les remparts de la nuit où les murmures bercent le noir silence du sommeil. Ton visage de bonne aventure a laissé derrière lui des champs entiers de tournesols crispés comme des cadavres d'arbres rompus après une tornade. La bataille de l’air et du silence proclame la précarité de l’état de siège où nos cœurs s’étaient réfugiés.

 

Rien ne pourra plus t’ordonner ainsi, dans l’entaille de ma mémoire. Les mots s’étouffent de leur immensité. Ils écrasent jusqu’aux murmures fluets de nos sens en érection.

 

Je suis occupé de fumée noire et de l’angoisse qui tonne. Le monde siffle et mes oreilles se sont repliées comme un parapluie. Le cadre de ma fenêtre découpe le ciel où se sont amassés les nuages gris. 

 

Ma gouttière a tenu.

Malgré les grêles et les ogives du ciel.

Malgré l’averse grenue des jours qui passent.

 

L’air boit les grumeaux. Trop de clarté et le temps est devenu opaque.

Je suis désormais tendu comme une déraison obstinée,

Et aussi flasque qu’une idée sans lendemain.

Et, je tire de moi. J’extirpe tous les masques accrochés à l’air. Je réfute. 

 

Le plomb des heures mortes s’allège lorsque le vide occupe ses stries miniatures. Et s’il ne pèse plus son poids, c’est que j’oublie sa masse sombre pour la transpercer d’un cœur plus vaillant, plus léger et plus écarlate.

La veillée perfusée par la lueur ancienne s’emploie à nous confondre. Le secours des histoires aux volets clos se répand lentement. Une communion particulière entre la mort et la sensualité emporte mon âme aux confins de mon sang. Le goutte-à-goutte s’engloutit dans la mémoire dure et je sens ton ombre ruisseler sur l’aride jardin qui borde le fournil.

 

 

- Bruno Odile -Tous droits réservés ©

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12 décembre 2017

Le temps s’accorde à la démesure.

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Je te retrouve dans une douceur amortie d’un repos. J’ai traversé la mer et me trouve sur la même berge qu’avant mon sommeil. Parfois, je voudrais habiter la détresse qui illumine l’espérance. Je voudrais m’incarner dans le sursaut du rêve qui atteint l’intimité enfouie sous les mots que je t’écris. Ecrire notre histoire, c’est s’enfermer avec elle à double tour sans pouvoir rien changer aux pierres qui la scellent. C’est un peu mourir une deuxième fois. C’est renoncer aux tourments ventriloques assaillant le vertige. Les mots qui surviennent du silence sont une école de liberté infinie. Mais sans l’amour, nous n’existerions plus et j’ai besoin de ton sourire pour continuer à chanter les ronces de l’innocence. Je t’aime ainsi sans que tu sois présente, mais il fait nuit dans ma poitrine et je cherche encore le bruit de tes pas dans mes rues désertes.

 

Tes lèvres murmurent les flots d’une mer en feu. Je désespère de ne pas pouvoir me greffer à la légèreté des nuages précédant l’orage qui vient purifier l’émotion. 

 

Tu vois, on peut aller au bûcher la tête haute, avec le cœur dans la poche. On peut faire semblant d’exister, en évitant d’être dans l’affirmative de ses propres consentements. On peut aussi vivre dignement dans le pardon de soi qui se reflète sur ceux qu’on aime. Mais qu’importe ! La rectitude des obligations que l’on s’attribue nous conduit invariablement à nous étrangler nous-mêmes avec le sourire. La souffrance devient un châtiment que si on lui laisse les rênes pour diriger notre vie.

 

Or, tout à l’heure, après le répit, l’essentiel restera accroupi sous le ventre insipide du quotidien et il sera trop tard. Tout passe et tout s’en va. Même l’ultime raison d’être.

 

Toi, ma seule idée de tendresse, tu es cette nuit clôturée comme un pâturage où l’herbe ne repousse plus. L’espoir ne sait plus où donner de la tête. Il va et il vient, véritable capuche à notre désappointement. Dans le rouge du ciel se reflètent nos jardins de bonheur. Et je ne sais pas ce qui se prépare. Un trait noir me sépare de tes yeux. Le silence devient un paysage en jachère, une île perdue, un continent où se propage une parole défrichée et nue. Comme un mot dilué dans l’écume de l’aurore, tu rejoins la matière qui se dilate dans les remous de mon cœur. 

 

Le recueillement n’exalte pas une nécessité justifiée. Il nous parle de sa voix sourde. Une ruche abritant une promesse de miel s’immisce à l’intérieur de l’accent qui porte la voix. Mais je dois préalablement me désencombrer et m’alléger de la réalité qui se ramifie aux sources de la conscience. Plus je me détache, plus la vie et la mort font mine de se raccommoder. La césure avec la mort primordiale est mise à l’index comme la projection d’un vide entre toi et le chaos.

 

Combien de choses acceptons-nous sans vraiment les comprendre ?

 

Souffrir d’une insuffisance d’être ; l’ignorance est un sursis à la vérité d’un cœur. Nous transportons tous une guerre au fond de nos entrailles qui meurtrit nos élans. La mienne m’a coûté un bras et une jambe. Je ne m’en sors pas trop mal. La tienne a brisé ta vie. Nous sommes voués à l’anéantissement. Nos existences soulèvent le néant sans reprendre haleine et nos respirations s’évadent du cercle de la pensée. Quel que soit le contenu de nos cœurs, la droite horizontale poursuit son chemin. Nous sommes la levure d’un cycle qui se répète depuis la nuit des temps et pour nous recueillir, rien n’est plus parfait que le foyer vide de la démesure.

 

La nuit rampe sous ma peau et l’ombre est devenue rugueuse comme une toile émeri. Toute mon existence s’est amassée au bord du gouffre de la peur. Je suis transi et dans cette immobilité râpeuse, il ne reste que l’effigie d’une volonté invisible. Nous marchons depuis toujours sur l’esquisse de nos tombes dessinées à la hâte par l’exagération et l’absurde.

 

Nous devons nous dégager du simulacre où l’espérance prend racine. Nous avons cru à l’éternité. Or, ce qui dure n’est pas la constance mais la dérive de nos certitudes. La persistance crève nos regards et le symbole nous dépasse.

 

Nous occupons le sillon que laissent les navires parcourant l’infini. Lorsque l’horizon chute, nous libérons nos voiles en souhaitant rejoindre ce lieu où le ciel et la mer se touchent. Lorsque le moinillon s’envole du nid pour la première fois, il ne cherche pas à savoir si ses ailes le porteront, il s’élance dans le vide instinctivement. Il nous faut aller voir derrière la porte. Le mur est trop haut.  

 

L’heure donne et reprend, elle remonte sans doute de ce lieu où tout est détruit, de ce lieu d’avant la mémoire. Une fascination tout de même : le temps. Ce miracle de l’éternité réveillée sur le bord de nos falaises. Ce mouvement imperceptible de l’air renouvelé sans cesse, ce support sans cadre où nos peintures restent fraîches du dernier coup de pinceau. Cette extrémité de nous-mêmes qui se diffuse comme un parfum fané, comme une odeur dilatée par l’agiotage des heures déchues. L’air, c’est le temps refoulé. Le temps, c’est de l’air recraché. Nous volons les pieds sur terre sans nous en apercevoir. Le manque d’air, le manque de temps et nos yeux se ferment.

 

- Bruno Odile -Tous droits réservés © 

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