30 juin 2015

RésonNances (21)

imagesLOQTQ6DX             Quel signe garderais-je sur mes lèvres enflammées ? Je tisonne et je grésille à l’âtre du silence. Tout se hausse sur la route des foudres paroliennes. Ce qui vit comme un cri d’audace fourragère s’exclame pour renaître plus loin. Ma chair désirante et mon patois à moi s’extirpent avec précaution des jours ensevelis. 

 

Je désire l’été plus proche et la nuit plus accueillante. Mais le noir erre et noircit les pages. Je resplendis dans le mirage où chantent les cigales de mon cœur. Dès l’éveil, au matin clair, je souffre avec les souffles nus des voix environnantes. 

 

                                             Je suis heureux à en mourir. Mon regard se perd dans la souillure éternelle du bleu et du vert. Vivement que le ciel s’éteigne et que ma voix s’écrase sur l’herbe verte où sèche une goutte de rosée ! 

 

Dans la froidure de l’infini, mes sens se lèvent au centre d’un royaume de feu. Plus rien ne peut aller au-delà de ce voile de cendre lumineuse. Alors, je porte ma parole comme une étoile au milieu de la houille. Je transcende l’appel fatal des choses mortes vers le périssable de la parole. N’aurais-je vécu qu’un instant ou serais-je redevenu une vibration qui édente l’air ?   

 

           J’ai soif d’apostrophes. Il faudrait nager à l’invitation de la matière. Prendre soin du combat d’espérance, au sommet des huttes charnelles et des douleurs légendaires pour hisser le champ de bataille ailleurs que sur les mines du mot. 

 

Je suis dans ce moment illettré où le réel ne semble plus être autre chose qu’une bouffée de sang à l’extérieur d’un Moi résolu au néant. 

 

     Hors de la horde échancrée des syllabes, il faut entendre retentir les sabots d’une chevauchée d’atomes. Tous plus ou moins libres, torturés et brisés par l’élan sincère du qu’en dira-t-on. 

 

Commères et commérages aimant parler le verbe ambigu, le signe indistinct, la parole commune et l’émotion de quatre sous, tout ce verbiage se débat inutilement dans le jour. Il est vain de se battre ou de pleurer, la langue fourchue se déshabille toute seule à lumière de la vérité.

 

- Bruno Odile - Tous droits réservés ©

Posté par lacollineauxciga à 10:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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