07 juillet 2015

RésonNances (24)

imagesWQBUSJTRSouvent, le mot nous laisse seul. Machines à sons, orgues de barbarie, nos voix s’élèvent dans l’air produisant des vibrations plus ou moins harmonisées avec le chant des cigales, avec le cri des mouettes passantes, puis s’évaporent. 

 

Solitaire avec mes aveux à vivre, je quitte la chrysalide du temps. Je m’émancipe avec discrétion.  

 

Je deviens le ronronnement de l’horloge continuant à ronfler après qu’on lui est retiré les aiguilles.

Je m’érafle à l’invisible du temps qui se meurt. 

 

                   Un mot suffit pourtant. Un mot comme un choc, comme un déclic, un mot comme une clé ouvrant la porte du soulagement ou de l’accablement.   

 

Un mot, un seul et le monde humain s’éternise sur le jour où se brassent les heures dans l’écoulement du partage.  

 

            Parfois, je touche presque l'illusion de mener une vie dépeuplée, nue comme une dent sans racine. Cependant, cette supposition serait trop me hausser du col tant ma grotte ne ressemble pas à celle d’un ermite.

 

Je suis l’abeille sur la fleur, je suis le grain collé au sol pour la fourmi, je suis la chaise à porteurs d’un destin accoquiné avec les ruines de l’immensité.

 

- Bruno Odile - Tous droits réservés ©

Posté par lacollineauxciga à 19:40 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur RésonNances (24)

    très beau texte ! De la poésie dans l'air !

    Posté par Pascale, 09 juillet 2015 à 07:39 | | Répondre
  • Les mots tu les domptes si bien que c'est un plaisir sans cesse renouvelé que de te lire.

    Posté par Sedna, 10 juillet 2015 à 17:40 | | Répondre
    • Merci, Sedna. Et, cependant, les mots me dépassent, m’encornent, me soumettent…

      Posté par lacollineauxciga, 10 juillet 2015 à 17:54 | | Répondre
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