23 avril 2017

Impressions.

Matière compromise, mon corps marche vers la lumière muant de l’éclair. Les chemins de cendre fraîche s’égosillent sur le tableau de chair blanche. Le plat pays affligé de mots ordinaires s’embronche à la tignasse velue des anges de passage. Le vert profond des sapinettes trace des routes invisibles pour celui qui escalade la montagne.   Moi qui doute et l’ombre approximative qui me suit.        Gouverné par la pensée,        à corps défendant, ... [Lire la suite]
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16 avril 2017

Réduis à être ce que je suis.

Ici, je respire ce que j’expire ailleurs. L’orage a creusé des sillons d’eau et de branches qui vont rejoindre la mer. Ici, le néant n’en finit pas de dégorger ses noyaux d’éclairs.   Brûlent et refleurissent les fruits rouges de la terre. Cloaques de mots, des langues tombent dans la gamelle des sens mutants. Je ne suis pas certain d’être en lieu et place d’une rénovation cataclysmique.   Des sculptures explosent sous les rayons agressifs du soleil. Anéanties, elles s’immolent gentiment sur les stries fatiguées... [Lire la suite]
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11 avril 2017

Tout à la limite.

Tout est remonté. Rancœurs dans l’eau tiède, velléité des erreurs et des sources lumineuses, jours cruels et devenir sans accointance.   Emigrant de moi-même, j’abolis les pentes et les glissières. Une tombe suffira aux vétilles, aux mâchoires et aux désastres. Aucun cheminement n’est inscrit dans une fatalité à sens unique.   Tout est à prendre, à combler, à envahir. Des rêveries enveloppées dans un mouchoir de sable et d’épines s’écorchent lentement sur le grain perdu tout sec à fleurir. Chaque jour prépare... [Lire la suite]
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03 avril 2017

Sur le retour et tout autour.

Je suis dans un épanchement à la jointure du passé. Des bouffées de sève reprennent place dans l’égorgement de mes pensées où, excisées, elles s’épuisent sous la lame affûtée de l’écrasement.   Je ne me retournerai plus, c'est inutile et ça fait mal. Alors, j'oublie, doucement. Je taris les souvenirs trop encombrants comme on pipe de vulgaires fumées oisives. Et je bois aux flaques de l’averse printanière qui a laissé son empreinte sur le sol ému par sa nourrice providentielle.    J’efface toutes déceptions au... [Lire la suite]
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23 mars 2017

Vers la tanière et vers le sang.

Derrière le visage buriné des ombres, se restaurent les heures bleues de l’innocence. Sous le drap humide envahi par la buée des rêves, une étrange odeur marine remonte doucement la courbe des voyages imaginaires.   Deux gouttes d’eau squattent une grange fumante où scintillent des berceuses anciennes. Un furtif barbotage, presque enfantin, se mêle aux fausses notes qui séparent l’homme et les plantes, la vie et la part de sang.   Incessamment, je recouture tous les fils effilochés des semences arbitraires... [Lire la suite]
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16 mars 2017

Le regard se confie à perte de vue.

Le regard grappille toutes les possibilités du langage. L’inventeur du mot et de son pépin assiège les sens roulés en boule.   Il manque l’eau et la farine sur la table des heures lourdes. Une certitude néanmoins, je suis la pente et la coulée d’une rumeur de sang. Je crois le rouge épisode d’une vie terrestre plus épais qu’un fardeau endolori par les siècles.   Il me plairait de chasser cette deuxième peau recouvrant l’exigence qui imite l’écriture. Je reprends vie dans la proximité de l’odeur de la terre... [Lire la suite]
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10 mars 2017

Une idée sur l’autre, la vie se perce.

L’écriture est une voie déshéritée, un mot de passe dénomenclaturé, une âme dé-pensée et désétiquetée, un lot d’inquiétudes avide d’amour.     La plume ne marche pas avec nous. Elle nous devance, décryptant les nœuds antagonistes qui nous précèdent.             Elle exprime l’inachevé galopant dans nos greniers à blé. Elle s’épuise à remonter de nos puits à charbon l’incandescence mutilée par d’obscures pensées.    Tout s’échappe de la matière vivante,... [Lire la suite]
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03 mars 2017

Le simulacre de l’esthétisme.

Ce matin, la vitalité de la beauté me communique son désir d’élévation. Feuilles d’automne tombées dans le miroir des saisons, je vous aime fringantes et craquantes lorsque le pas du marcheur vous écrase. La rosée toute nue s’adosse aux premières lueurs du jour et le mur sur lequel je m’appuie se repeint à la clarté des ombres traînantes.   L’esthétisme a le goût des rencontres. Pour lui, la solitude n’est pas un lieu privilégié, au contraire elle s’accapare l’objet même du beau pour le couvrir de toutes nos zizanies... [Lire la suite]
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15 novembre 2016

Enfin, lentement.

Il faut sortir de l’urgence et du répit fiévreux pour se perdre dans la respiration de l’herbe tendre. Il faut s’extirper du cri où sommeille l’enfant que nous avons été. Il faut décroiser l’aube de son obscurité posée sur la ligne suivante.    Ne rien attendre sinon l’extensive marche vers l’autre. Ne rien façonner dans la minceur de la cendre. Ne pas se perdre dans la somme identitaire de ce que l’on est.    Cœur aveugle sur une pente glissante, ballotage défavorable du sentiment brouillon, tout se cache... [Lire la suite]
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08 novembre 2016

Ecriture aux crachoirs de nos glaires.

Ecriture ? Il y a trop de mots dans cette corbeille de fumée. De tout et de rien. Des phrases sans plus d’idées, des semences sans graines, des tubulures désossées, puis des sentences sans convictions et des expressions où la vie n’est plus.    Je n’écris pas, je récite. Je ne parle plus, j’écris. Le mot ne cherche plus l’attrait prodigue de ses tonalités, il grimpe du vide pour venir sécher la langue. Non, je ne récite pas, je raconte.    Je te dis une histoire, mon histoire. Mais ce n’est pas moi qui parle,... [Lire la suite]
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