11 mai 2016

Décadence et recentrage. (5)

De ce côté-ci de la rive, le cran de l’air dérythme la respiration et la distribution des mots hoquette dans la gorge du temps.  L’irrégularité des partages nourriciers bleuit les lèvres commotionnées par les cadences discontinues et la porte de l’infini ouvre au désordre la pulpe des barreaux qui l’entourent. Contre le jour l’avenir respire. Montagne de sel sous un soleil de plomb, les alternatives livrées à l’abandon récusent le vide environnant et s’installent dans le rêve habitable, malgré la nécessaire et turbulente... [Lire la suite]
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08 mai 2016

Décadence et recentrage. (4)

Il faut se poser un moment où longer les façades multicolores pour sentir ruisseler le parfum de l’asphalte sous les chaussures du promeneur.  Il faut percer le silence pour entendre le court d’eau s’épandre dans la traversée du paysage. Fermer les yeux pour voir les ombres accrochées aux arbres qui bordent la rive.  Des poissons sans oreille jouent à cache-cache entre les pierres et la mousse verte. La rue d’où je viens est remplie d’apostrophes et de guillemets. Elle est ouverte d’un bout à l’autre malgré les maisons qui... [Lire la suite]
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06 mai 2016

Décadence et recentrage. (3)

Un jour, une nuit, un instant, quand nous aurons défié tous les vents avec nos voilures trouées, quand nous aurons feint la noyade après chaque marée, nous redécouvrirons l’étincelle au fond de la besace de l’apesanteur. Alors nous réapprendrons à frotter deux pierres l’une contre l’autre comme au premier jour.   Faire silence pour être soi. Fringuer de ses fibres rougeoyantes, le corps déroule la voie offerte par l’existence dans l’omniprésence de ses doux bruits.   Ces murmures continus promènent sur le sable... [Lire la suite]
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04 mai 2016

Décadence et recentrage. (2)

L’incertitude de ce qui advient, malgré la détermination que nous avons à empoigner la réalité pour la domestiquer, trahit les promesses d’existence à jamais perdues. L’impossibilité pour l’agir humain de plier le réel à ses seules volontés, nous contraint aux rêves et aux fantasmes.  Quasiment jamais maître des événements, nous ne sommes plus propriétaires des aventures que nous vivons mais seulement du sens que nous leur donnons. Alors, nous apprenons, avec plus ou moins de réussite, à modifier nos désirs plutôt que l’ordre... [Lire la suite]
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03 mai 2016

Décadence et recentrage. (1)

La gripaille du jour cache l’étendue magistrale du silence dans son mouvement déconcertant de hachoir. Dans un territoire vide de tout tumulte, le désir grimpe aux hautes sphères d’une attente impatiente.       Les fausses routes sont nombreuses et déroutantes. La nuit enfourne l’haleine récalcitrante et tapisse le visage pressé d’une multitude de portes verrouillées.     L’érosion de la langue et de la salive tapisse tout le corps de terres vagues. La peur de l’inconnu intensifie l’écho de... [Lire la suite]
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14 avril 2016

Sur le chemin du silence

La gripaille du jour cache l’étendue magistrale du silence dans son mouvement déconcertant de hachoir. Dans ce territoire de vide le désir grimpe aux hautes sphères de l’attente impatiente.       Les fausses routes sont nombreuses et déroutantes. La nuit enterre l’haleine récalcitrante et tapisse le visage d’une multitude de portes verrouillées. L’érosion de la langue et de la salive laisse des terres vagues dans tout le corps. La peur venue, elle intensifie l’écho dans un libre échange de son... [Lire la suite]
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07 juillet 2015

RésonNances (24)

Souvent, le mot nous laisse seul. Machines à sons, orgues de barbarie, nos voix s’élèvent dans l’air produisant des vibrations plus ou moins harmonisées avec le chant des cigales, avec le cri des mouettes passantes, puis s’évaporent.    Solitaire avec mes aveux à vivre, je quitte la chrysalide du temps. Je m’émancipe avec discrétion.     Je deviens le ronronnement de l’horloge continuant à ronfler après qu’on lui est retiré les aiguilles. Je m’érafle à l’invisible du temps qui se meurt.    ... [Lire la suite]
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04 juillet 2015

RésonNances (23)

La rumeur siège au bord de l’envahissement. Elle comble le vide des ténèbres par l’explosion du langage libre et le secret des choses inconscientes.    La voix en rafales s’affale comme un air suspendu que plus rien ne retient. Elle médite dans les fonds de brume avant de surenchérir la pitié que l’on n’accorde qu’à soi-même.    Vulnérable de soi autant que des autres, nous habitons la concision de nos brièvetés de la même manière que le désarroi de nos tressaillements. L’ombre d’un mirage suffit à changer... [Lire la suite]
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01 juillet 2015

RésonNances (22)

Ecrire, vois-tu, c’est délayer le sang du silence. Oui, parce que je crois savoir qu’entre le réel et le néant, une fine parenthèse retient comme quelque chose d'essentiel : une vie au rabais, une mort dans la saumure récurrente et l’amour sauveur de la nuit éternelle.   Cette équation prodigieuse est un travail d’agitation. C’est la bousculade, la valse des océans, la manigance du vent, le mouvement peignant les miroirs et coiffant nos cœurs dépliés sur le grand lit de nos attentes.    ... [Lire la suite]
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30 juin 2015

RésonNances (21)

             Quel signe garderais-je sur mes lèvres enflammées ? Je tisonne et je grésille à l’âtre du silence. Tout se hausse sur la route des foudres paroliennes. Ce qui vit comme un cri d’audace fourragère s’exclame pour renaître plus loin. Ma chair désirante et mon patois à moi s’extirpent avec précaution des jours ensevelis.    Je désire l’été plus proche et la nuit plus accueillante. Mais le noir erre et noircit les pages. Je resplendis dans le mirage où... [Lire la suite]
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