14 avril 2016

Sur le chemin du silence

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La gripaille du jour cache l’étendue magistrale du silence dans son mouvement déconcertant de hachoir. Dans ce territoire de vide le désir grimpe aux hautes sphères de l’attente impatiente.    

 

Les fausses routes sont nombreuses et déroutantes. La nuit enterre l’haleine récalcitrante et tapisse le visage d’une multitude de portes verrouillées. L’érosion de la langue et de la salive laisse des terres vagues dans tout le corps. La peur venue, elle intensifie l’écho dans un libre échange de son caverneux.  

 

Une douceur ardente s’étire doucement dans la chair-matière en déliquescence. Serait-ce l’appeau du vertige ou la voix secrète ensevelie sous la masse ? Une présence dérobée nous observe. Une page de sons et de résonnances écoute le vide apparent avant de se retirer comme une mer épongée par le bruit de ses vagues.  

 

De ce côté-ci de la rive, le cran de l’air dérythme la respiration et la distribution des mots hoquette dans la gorge du temps. L’irrégularité des partages bleuit les lèvres commotionnées par les cadences discontinues et la porte de l’infini ouvre au désordre la pulpe des barreaux qui l’entourent. 

 

Contre le jour l’avenir respire. Montagne de sel sous un soleil de plomb, les alternatives livrées à l’abandon récusent le vide environnant et s’installent dans le rêve habitable, malgré la nécessaire et turbulente ascension.  

 

Tout l’être que je fus réside là, dans l’encablure de l’instant jaillissant. Il n’y a pas de frontières, pas de limite au libre-choix. Les pensées qui me traversent ne sont pas miennes, elles s’éclairent et passent leur chemin. Rien n’est plus définitif que l’instant.

 

Extrait - Bruno Odile - Tous droits réservés ©

Posté par lacollineauxciga à 08:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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