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Bruno ODILE
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Bruno ODILE
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5 mai 2014

Je m’envahis ou je me pirate.

Je m’envahis ou je me pirate.
L’handicap physique est l’événement qui trace ma route vers ce que je suis profondément. Je suis fait de chocs et de caresses, de crasses immondes et de bontés innommables. Le lâcher prise définitif serait de me donner le nom que je me suis toujours donné....
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11 avril 2014

L’handicap transforme le vide.

L’handicap transforme le vide.
Ce n’est pas ma voix que j’entends sous les décombres. C’est le murmure chinois des ombres sans relâche. Des serpentins remontent de la plainte et j’écoute battre mon cœur au milieu d’une nuit piteuse à tomber raide mort. J’ai rendu mon corps aux brise-l’âme....
29 avril 2014

L’idéal n’existe pas.

L’idéal n’existe pas.
Les barrières du temps sont en suspens, le temps réel est démis de ses fonctions. C’est le limogeage des heures comptées à la minute. Je suis la distance qui recouvre mon existence de son ombre. J’adhère au vocabulaire de l’air et je refuse tout remorquage...
15 avril 2014

La manifestation de la raideur.

La manifestation de la raideur.
Je marche d’une courte échelle à une autre. Je suis trop petit pour toucher la lumière. Ma détresse secoue les chœurs déployés revenus des ténèbres pour décourager l’existence boiteuse jusqu’à mon souffle. J’halète au cœur d’une bergerie sans dieu, sans...
21 avril 2014

Souffrir d’exister.

Souffrir d’exister.
Sans un retour à soi plongeant tout au fond de nos cicatrices existentielles, il est improbable que nous puissions nous développer avec la pleine rassurance d’un corps bien fait avec une tête bien pleine. Par l’absurde, je dois admettre que l’opposition...
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18 avril 2014

Je m’offre le plaisir de me faire plaisir.

Je m’offre le plaisir de me faire plaisir.
« L'écriture, c'est le coeur qui éclate en silence * », me rappelleChristian Bobin, * L'épuisement. La patience, toujours sur le qui-vive, convoque l’espoir. L’aléatoire surplombe les ecchymoses du temps. Dans le sommeil de mes os, quelqu’un tâtonne l’instant...
16 avril 2014

Sortir du rang.

Sortir du rang.
Mon corps m’inquiète. Est-ce bien moi qui le gouverne ? Tout est subitement hors de portée. Je tremble et la mort de quelques fonctions corporelles échappe à mes sens. J’habite le corset d’une âme amputée, victime de son effroi. La réalité blafarde pourlèche...
14 avril 2014

Mon fauteuil roulant est devenu une écumoire.

Mon fauteuil roulant est devenu une écumoire.
Plus je suis sensible à l’aspect sécable de l’existence, plus il m’importe d’édifier un être en moi-même qui soit égal au degré d’exaspération ressentie. Il ne peut y avoir de limite à la foi que l’on s’accorde. Je suis l’image physique et tourmentée...
13 avril 2014

Dénégation ou refoulement ?

Dénégation ou refoulement ?
A l’instantané, toute une légende de cavernes obscures, de tombeaux ciselés et de labyrinthes effrayants, se réveille d’une nuit sans sommeil. Le rêve oppressé par la réalité expurge les grains d’une harmonie sur le qui-vive. L’inconsistante et le non-sens...
12 avril 2014

Juste après la flexion.

Juste après la flexion.
Je suis le nomade sans reflet dans le miroir, transporté par la lumière et exclu par la brièveté de sa course. Dans l’ulcère du temps traîne la beauté indéfinie, celle que les yeux ne peuvent toucher, que le vent sidéral traverse comme un lieu sans âme....
9 avril 2014

Je n’ai plus mal. Je m’accompagne.

Je n’ai plus mal. Je m’accompagne.
Je ne répugne pas à marcher dans ma tête. Seul dans ma chair, l’infirmité danse comme une gitane autour d’un feu. Mon corps et moi, nous tenons l’humiliation du handicap à bout de bras, loin des flammes et des pas incertains. Un bateau à l’amer grince...
2 avril 2014

Elle me devance de toutes parts.

Elle me devance de toutes parts.
Faut-il serrer le poing et crier vengeance ? L’esprit se plaint, le corps tolère. La lutte et la vie se rejoignent sur la falaise dépeuplée de reflets obsolescents. Qui des deux sombrera le premier dans le vide ? La main repliée sur elle-même cafarde...
30 mars 2014

À la recherche de la perfection.

À la recherche de la perfection.
D’emblée, rien n’est homogène. Seul le temps tue le temps. Face à l’agonie des heures tremblantes la joie n’a aucun préjugé. A chaque parcours, l’impossible me régénère. De l'autre côté de la rive, terre voisine et semblable, j'ai trouvé comment défaire...
21 mars 2014

Une dystrophie résiduelle.

Une dystrophie résiduelle.
J’entre en normalité comme une lumière pénètre le catéchisme des lueurs fauves et artificielles. Je me faufile parmi la foule entre abstraction et figuration. L’incontournable socialisation nécessite d’être d’accord avec soi-même. La cohérence est une...
20 mars 2014

Là où je n’accède plus.

Là où je n’accède plus.
L’idéal serait de pouvoir se retourner après avoir franchi le seuil des heures trop lourdes et de se dire : enfin chez soi ! Nous sommes tous, plus ou moins, embourbés dans un code de conduite qui nous arrache de nous-mêmes. Empêtrés comme des cailloux...
19 mars 2014

Je m’accomplis dans le dérobement.

Je m’accomplis dans le dérobement.
Au bout du sens issu de la peur, je danse et je partage la danse avec une partenaire invisible. Une gestuelle venue de je ne sais où sublime la réalité moribonde et accomplit des miracles. Mon corps devient léger, je suis une graine de vapeur dérobée...
1 mars 2014

Mais, la vie insiste.

Mais, la vie insiste.
L’autre en qui je pourrai naître n’a pas de reliefs. Sans expérience, il est nu dans un miroir d’illusions. Aucune réalité immédiate ne pourrait l’accepter. L’inaction achève les contenus disparates qui hantent mon cerveau. Je suis retranché derrière...
11 février 2014

Le virtuel possède quelque chose de vertueux.

Le virtuel possède quelque chose de vertueux.
Ivre de servitude, l’allégresse de l’utopie s’incruste dans les yeux évasifs. C’est parce que la lune est différente du soleil qu’elle éveille ma curiosité. C’est parce que le vacarme capture le silence que ma peau recrache des sons dissonants. La pluie...
31 décembre 2013

Tension zéro, immobilisé et intransportable.

Tension zéro, immobilisé et intransportable.
Si je n’existe qu’à travers le regard des autres, quelque chose me manque. Je porte en moi le récit du parcours effectué et une part grumelée d’humanité. Déjà, à ma naissance, rien n’indiquait mon identité avortée dans la béance des heures décalées. Près...
30 avril 2017

L’improbable d’une guérison.

L’improbable d’une guérison.
Il faut revenir exalter la peau mûrie par de longues pensées inachevées. Il faut reconstruire la halte mélancolique dans laquelle on a tout abandonné : l’épreuve blessante et ses ruisseaux de peine, l’échec monotone et ses tourbillons aiguisés comme les...
11 avril 2017

Tout à la limite.

Tout à la limite.
Tout est remonté. Rancœurs dans l’eau tiède, velléité des erreurs et des sources lumineuses, jours cruels et devenir sans accointance. Emigrant de moi-même, j’abolis les pentes et les glissières. Une tombe suffira aux vétilles, aux mâchoires et aux désastres....
8 juin 2017

Esprit et luminescence.

Esprit et luminescence.
J e cueille et je recueille l’aube comme je peux. La dérision du jour suivant la beauté emporte avec elle toute objectivité sur le réel apparent dont l’emprise nous étouffe. La dualité qui nous habite est mère nourricière. Elle achève bien ce qu’elle...
3 mars 2017

Le simulacre de l’esthétisme.

Le simulacre de l’esthétisme.
Ce matin, la vitalité de la beauté me communique son désir d’élévation. Feuilles d’automne tombées dans le miroir des saisons, je vous aime fringantes et craquantes lorsque le pas du marcheur vous écrase. La rosée toute nue s’adosse aux premières lueurs...
20 janvier 2017

Aveuglé par l’air ambiant.

Aveuglé par l’air ambiant.
Rien n’est parfait. Une destinée heureuse n’est qu’un espoir dans l’attente d’un réconfort plus grand. Je me console de mes manques et de mes pertes avec le rêve fondé d’une vie meilleure. Les jours qui passent grippent sur les nuages que je n’arrive...
10 mars 2017

Une idée sur l’autre, la vie se perce.

Une idée sur l’autre, la vie se perce.
L’écriture est une voie déshéritée, un mot de passe dénomenclaturé, une âme dé-pensée et désétiquetée, un lot d’inquiétudes avide d’amour. La plume ne marche pas avec nous. Elle nous devance, décryptant les nœuds antagonistes qui nous précèdent. Elle...
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