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Bruno ODILE
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16 décembre 2014

Des feutrines sur nos visages, nous réinventons des promesses

Des feutrines sur nos visages, nous réinventons des promesses
Des feutrines sur nos visages, nous réinventons des promesses et nous exagérons le contenu de chaque chose. Une simple écharde est une épée, une pincée de sable dans un verre, et c’est une île perdue dans l’océan de nos besoins. L’exaltation se retire...
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14 novembre 2014

Ma sérénité est ambivalente.

Ma sérénité est ambivalente.
Cette nuit, j’ai rêvé de l’épingle qui retient le papillon sur la feuille du calendrier. J’ai rêvé de l’ourlet que la jupe du temps défait et refait sans jamais se montrer dénudée. Dans l’étrange silence des flammes mortes de ma cheminée, j’ai entendu...
2 décembre 2014

Je partirai d’un coup, d’un seul.

Je partirai d’un coup, d’un seul.
Le lien qui se féconde hors de mon énergie vitale ressemble à la corde à laquelle je me pends. Je meurs mille fois par jour lorsque je fais fi des images de la misère qui accoste la mienne. Je suis dépossédé lorsque je suis désuni du monde dans lequel...
13 novembre 2014

Je ne m’accroche bien qu’à l’invisible.

Je ne m’accroche bien qu’à l’invisible.
Je parle du fond de l’eau mais je ne vois que la surface qui crécelle au-dessus des rives englouties. Avec les gourdes ruisselantes de l’esprit, je tente d’apprivoiser le bonheur d’une existence promise aux forêts rutilantes plus qu’à la plaine maraîchère....
11 décembre 2014

Parfois, j’ouvre mon corps comme un livre

Parfois, j’ouvre mon corps comme un livre
Parfois, j’ouvre mon corps comme un livre. Chaque page qui se tourne me renvoie au délicieux enfer de la présence. Mes mains sont des cornes d’ivoire et j’écris la butée qu’elles frappent. Tous les commencements transportent leurs fins et chacun d’entre...
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10 décembre 2014

La réalité rompt sous les coups des leurres

La réalité rompt sous les coups des leurres
La réalité rompt sous les coups des leurres. En près de trois mille ans, le décor s’effondre. La nature d’un rêve est de percer le diamant de la détresse pour dominer le rire agressif qui éparpille les sens et les peaux. Nous vivons d’exterminations....
7 décembre 2014

Dans la permanence du chemin.

Dans la permanence du chemin.
Entre terre et ciel, des passerelles pour les mots se disputent le droit de passage. Dédouanée de tout désoeuvrement, la parole s’inscrit comme une peinture à double face. Sur l’horizon, des croûtes prennent forme et accumulent les couleurs. Dans les...
26 novembre 2014

Le bonheur qui se partage.

Le bonheur qui se partage.
J’ai la tête remplie de grumeaux d’air, je vois l’ébrèchement derrière la digue transparente. Des bulles charnues prêtes à exploser dérivent à contre-jour. Perdu dans les autres figures qui me ressemblent, j’avance lentement vers moi-même. Des valves...
5 décembre 2014

La petite flamme inaltérable couchée au clair de soi.

La petite flamme inaltérable couchée au clair de soi.
Le rire me civilise, le rire me déboîte de l’ombre où je construis mes cabanes. J’appelle ici la joie un état d’âme où l’eau claire ensemence la boue. Mon cœur est une civière pour l’incendie, il brancarde les démons qui me paralysent. Il colporte ma...
5 novembre 2014

Entre le hasard et la nécessité.

Entre le hasard et la nécessité.
Sur une table perdue, une poignée de sable s’échange contre une tasse de feu. Le cœur boursouflé comme un melon d’eau, l’émotion coule comme une pluie battante. Nos regards sont des fantômes aveugles tâtonnant dans le vide. Ils emportent avec eux les...
20 novembre 2014

Rire ou pleurer, qu’importe !

Rire ou pleurer, qu’importe !
Donnez-moi du pain pour recouvrir les yeux des enfants de Somalie. Donnez-moi des livres à brûler pour réchauffer ceux des plaines glacières. J’enfante avec l’amour, l’ode bénite de mon cœur et de mes tripes. La grâce revendique la communion du plus faible...
24 novembre 2014

Une secrète buée de l’immensité.

Une secrète buée de l’immensité.
Nos sens sont aveuglés aux tourbillons des âmes pures. Apothicaire sans flacon, l’orgie des morts dansent la gigue et le vivant s’apitoie sur sa naïveté ; cette infirmité déliquescente frappant l’usure des mots de chagrin et de pertes. Herses fragiles...
31 octobre 2014

Rien ne peut me déloger de la justice vivante.

Rien ne peut me déloger de la justice vivante.
J’enterre le temps, j’enterre l’homme que je suis dans l’aire chronologique. Mon désir est mort, il renaît dans les jacinthes et les marbres tremblés du mouvement perpétuel. J’ai soif de sucre et d’étoiles. J’avance dans mes yeux lavés, j’avance dans...
21 novembre 2014

La lune m’a menti.

La lune m’a menti.
Dans chaque sourire, je goûte aux respirations de l’écho qui rampe dans mes veines depuis l’enchantement de la première source de vie. Je me dilapide dans la fontaine du désappointement et me renouvelle aux prémices de l’air neuf qui me charpente. Mon...
11 novembre 2014

Ne m’appelez pas ! Ne me cherchez pas !

Ne m’appelez pas ! Ne me cherchez pas !
Des soupirs et des grelots sont recouverts par les ombres éternelles du soleil. Ma candeur s’estompe dans la nuit blême et j’assiste à l’écroulement de mes rêves de lumière. La vie qui m’a été donnée n’a plus l’apparat du chant des sirènes. J’ai cru aux...
28 octobre 2014

J’attends tout de moi.

J’attends tout de moi.
Habiterais-je le cadavre nu du noyau du monde, que je ne saurais rien de plus de ce trou noir où s’enfoncent mes interrogations. Peut-être, le chaos s’est-il construit sur l’apaisement des braises de la matière ? Je vis dans le miroir de mes ombres et...
26 octobre 2014

Je sens le soleil mordre mes paupières.

Je sens le soleil mordre mes paupières.
Après avoir touché aux escarres des jours sanguinolents, j’apprivoise doucement la teneur nouvelle du souffle haletant. Jets de gerbes flétries, bouffées d’incohérences acerbes, je collecte l’errance rôdeuse comme d’autres collectionnent des timbres rares....
17 septembre 2014

Il faudrait arracher la lumière au soleil.

Il faudrait arracher la lumière au soleil.
La beauté n’est qu’une pincée de joie dans l’antre béat d’une aube fraîchement revenue. L’âme patiente fend les muselières de la temporalité et flotte avec l’air porté qui gicle des coques scindées. Le beau me relie à la joie qui fortifie mon être et...
17 octobre 2014

Tout est possible à partir de rien.

Tout est possible à partir de rien.
J’accoste l’été au cœur noir de la forêt de grêle. Je n’attends pas. Tout est léger, suspendu comme une feuille morte portée par le vent. Peut-être ne plus attendre est le bourgeon de la perfection. Je reçois la rosée des ombres infectées sur mon visage...
13 octobre 2014

Le déchiffrement du monde.

Le déchiffrement du monde.
La confiance ne provient pas des autres mais de notre faculté à nous entretenir hors du doute. Pour ne pas craindre, il faut être intime avec la peur. Une audace ne discute pas le prix de son destin, elle ose l’aventure. Une faiblesse ancienne mérite...
9 octobre 2014

Le bonheur que rien ne perturbe.

Le bonheur que rien ne perturbe.
Le bonheur est une lumière fragmentée. La monotonie et l’ennui le chassent à couteau tiré. La béatitude est une exception. Je suis désharmonisé du monde, intoxiqué par l’insistance de la réussite sociale, économique et amoureuse. Je suis un simple visiteur...
6 novembre 2014

Mon âme castrée est un bœuf.

Mon âme castrée est un bœuf.
Pessimisme, tu n’existes pas sans l’avide campagne bleuie et le havre mental qui reverdit tes branches. Je n’existe pas sans l’aiguille qui soupèse le tournis incessant. Je vrille comme une toupie sur le bord d’un trottoir. La rigole est proche et la...
29 septembre 2014

Rien n’est parfait.

Rien n’est parfait.
Tandis que les mots font route vers la mort, il nous faut être présent pour toute cette vie qui refleurit avec la venue du printemps. Chaque accomplissement entame et termine le temps d’une seule traite. Prendre soin des mots, c’est prendre soin du réel...
1 novembre 2014

Quel est-il ce bonheur invisible ?

Quel est-il ce bonheur invisible ?
Malgré les déviances et les troubles, les cellules d’une empreinte ineffaçable trainent encore dans ma chair. Ce qui est juste résonne avec plus ou moins d’intensité selon le contexte dans lequel je me trouve. J’ai sur le bout de la langue les signes...
14 octobre 2014

J’ai dans le cœur une fête perpétuelle que j’ignorais.

J’ai dans le cœur une fête perpétuelle que j’ignorais.
Faut-il également se satisfaire de petites joies alors que notre appétit est gargantuesque ? Sans un retour à soi plongeant tout au fond de nos cicatrices existentielles, il est improbable que nous puissions nous développer avec la pleine rassurance d’un...
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