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Bruno ODILE
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9 novembre 2017

Je te le dis, il n’est jamais temps de partir.

Je te le dis, il n’est jamais temps de partir.
Nous n’avons que faire des heures rouillées. Nos marteaux ont des chutes qui étament nos langues. Nos bruits intérieurs proviennent du tumulte de nos sangs mélangés. Ils refluent dans notre ciel comme les oiseaux qui vont rejoindre les contrées lointaines...
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3 novembre 2017

A l’ombre de nos souffles.

A l’ombre de nos souffles.
Mon refuge s'est construit au creux d’un arbre penché sur des zones d’ombre où se gravent les mots accidentés, les scarifications qu’aucun oubli n’a su emporter. Abri dérisoire où la virtualité s’accorde à déverser la sève aux racines infestées de regrets....
13 août 2017

Transgresser, tarir et renouveler.

Transgresser, tarir et renouveler.
Il est des jours où la rumeur siège au bord de l’envahissement. Des jours où elle comble le vide des ténèbres par l’explosion du langage libre et le secret des choses inconscientes. La voix en rafales s’affale comme un air suspendu que plus rien ne retient....
23 octobre 2017

L’attente s’écume au désir fluctuant.

L’attente s’écume au désir fluctuant.
La force du désir se loge dans l’insatiable boulimie du temps. Elle se propage sur toutes les couches de rouille poreuses où l’oubli s’est installé. Mais, je désire croquer le chemin qui mène jusqu’à toi. Je veux broyer ce grain noirâtre gravé dans mon...
11 mai 2017

La veillée des grains abandonnés.

La veillée des grains abandonnés.
Heureux, celui qui peut voir au-delà de sa propre solitude. En moi, la clef des champs appelle un autre monde. Dans les profondeurs de mon corps est écrit la part cachée de la providence qui compose mon être. Je marche à côté de ma voix, en parallèle....
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12 octobre 2017

Appartenir au désir comme une joie évasive.

Appartenir au désir comme une joie évasive.
Avec le temps, va, roule et s’envole la poussière tourbillonnante de la révolte. Inutile de fossoyer dans le brouillard ou de chercher à ensevelir la douleur de l’absence avec perte et fracas. On n’oublie pas, et ça dure. On ne change guère et ça pèse....
29 septembre 2017

Parmi les pierres.

Parmi les pierres.
Quelqu’un tisse une toison d’éclairs sur le mur d’en face. Glaneurs infatigables, les plis de la bouche s’ouvrent et se ferment sous la luminosité intermittente. Je vois une langue qui s’agite, roulant dans l’air et tournant vers la lumière. Un mot dans...
6 juillet 2017

Et toujours, cet enclos où dansent les ombres gitanes.

Et toujours, cet enclos où dansent les ombres gitanes.
Je me reconnais tout entier dans les plumes de l’oiseau qui s’évade. La fracture de l’air me laisse supposer la présence d’une énergie inconsciente. Je crois reconnaître un lieu d’actions où je ne suis pas. Parallèlement, je crois mon esprit altéré et...
26 février 2017

Nous sommes, nous-mêmes la présence du vide et de la mort.

Nous sommes, nous-mêmes la présence du vide et de la mort.
Et voici cette brèche se perdant dans une autre plus grande encore. Où sont les videurs de rivière ? Le bleu s’envole en rase-motte, ma terre est un ventre remplit de morts. Ma vie est pliée comme une rumeur tord les boyaux de mes rêves. Je ne tiens plus...
4 août 2017

L’apprentissage de l’évidence.

L’apprentissage de l’évidence.
Écrire revient, sans doute, à délayer le sang dans le rouge silence de la nuit intérieure. Lorsque je pose le mot sur la page, mon corps se crispe comme un muscle dans l’effort. Le geste du poignet accompagne l’extraction du verbe enseveli par le sable...
23 avril 2017

Impressions.

 Impressions.
Matière compromise, mon corps marche vers la lumière muant de l’éclair. Les chemins de cendre fraîche s’égosillent sur le tableau de chair blanche. Le plat pays affligé de mots ordinaires s’embronche à la tignasse velue des anges de passage. Le vert profond...
3 avril 2017

Sur le retour et tout autour.

Sur le retour et tout autour.
Je suis dans un épanchement à la jointure du passé. Des bouffées de sève reprennent place dans l’égorgement de mes pensées où, excisées, elles s’épuisent sous la lame affûtée de l’écrasement. Je ne me retournerai plus, c'est inutile et ça fait mal. Alors,...
16 avril 2017

Réduis à être ce que je suis.

Réduis à être ce que je suis.
Ici, je respire ce que j’expire ailleurs. L’orage a creusé des sillons d’eau et de branches qui vont rejoindre la mer. Ici, le néant n’en finit pas de dégorger ses noyaux d’éclairs. Brûlent et refleurissent les fruits rouges de la terre. Cloaques de mots,...
21 juin 2016

Pour l’utopie, l’existence n’est qu’une poêle à frire.

Pour l’utopie, l’existence n’est qu’une poêle à frire.
Parfois, le paradis ne suffit pas et le sacré obtient les relances narquoises du ciel. Parfois, les sens affûtés rechignent à percevoir la moiteur indifférente aux jubilations de la nature qui se réveille devant moi. Parfois, je suis égaré, les mains...
26 septembre 2016

Je dors dans une nuit filante sur l’oreiller de la vacuité.

Je dors dans une nuit filante sur l’oreiller de la vacuité.
Sextant à l’autre bout de la terre, l’amour gravite autour des forêts, d’arbre en arbre, de fruit en parfum. Le désir qui occupe mon esprit est de rendre le sentiment orgastique et végétal. Parce que l’image déstructurée est vite un fardeau, elle déglutie...
10 août 2016

Un grillage au fond de l’eau.

Un grillage au fond de l’eau.
Il faut oser la liberté, oser dégrafer toutes les enseignes du dire, détacher les sangles moralisatrices et les dogmes purulents. Tout brûler et tout rendre sans nuance à la bouche percée, à la parole détachée. J’apprends chaque fois à ramasser les cendres...
6 août 2016

Quelque chose tremble.

Quelque chose tremble.
Toujours aux portes de la dérobade, l’esprit cherche une stèle pour asseoir quelques précieux fondements. L’entaille s’ouvre devant lui, puis elle s’aligne aux cris du corps balloté par la mort qui le veille. Sous les paupières de l’herbe verte, une goutte...
24 juin 2016

Trop de clichés embourbent mon cerveau.

Trop de clichés embourbent mon cerveau.
Bonheur sans mesure, étalonné sur la courbe des graphiques où l’on calcule le taux et le degré de satisfaction d’un groupe, d’un pays, d’une civilisation : dois-je vraiment vous lire et vous accorder une attention, même distraite ? Oui, cela prête à rire...
17 juillet 2016

La joie est un sanctuaire ouvert à chacun

La joie est un sanctuaire ouvert à chacun
A la saint tsouin-tsouin, dans sa besace de cuir tanné, l’heure chaude s’écrivait comme une vérité inextinguible où l’évidence restait invisible. La misanthropie aux portes de la saint glinglin, j’ai longtemps dû chevaucher les messages codés des apôtres...
24 octobre 2016

Etre seul est un fait irréversible.

Etre seul est un fait irréversible.
Ne devant rien saisir, il me faut accueillir. Que pourrais-je t’offrir d’autre que cette sincérité ? Je voudrais être le seau que l’on nettoie, la parole arrachée à la chaleur, la béance vive cachée derrière la sueur de la terre. Je sais ne plus être...
21 août 2016

Une parole sans voix.

Une parole sans voix.
Rien n’est jamais vraiment dit sur le parcours affligeant des voix sacrifiées. Le non- dit et le déni font bon ménage sur les voies empruntées par nos cœurs meurtris d’innocence. D’infinies promesses vendangent les bourgeons de nos sourires avant de sarcler...
30 mai 2016

Singulier, je le suis par défaillance.

Singulier, je le suis par défaillance.
La terre est fourbue de catastrophes, de famines, de guerres, de dominations très injustes, de mœurs sanguinaires, de répressions injustifiées, d’atrocités sans noms, et de quelques autres acraties belliqueuses. Des moments de grandes lassitudes augmentent...
2 août 2016

Des grumeaux s’éparpillent.

Des grumeaux s’éparpillent.
Les rêves en éclats se bousculent sur l’étal de l’absurde. L’air dans la peau du jour chasse le bruit du sang brouillé. Le regard en éventail ébauche, puis ventile la contemplation à la place de l’acte. Je vomis à jeun sur le théâtre nu des bouquets de...
25 avril 2016

Je veux vivre.

Je veux vivre.
La proximité permanente avec la mort m’oblige à réévaluer incessamment le lourd statut de la mémoire et celui de l’expérience. Avant de les restituer, je dois chaque jour reconsidérer le lot de paroles avalées et recrachés par les souffles de ma voix....
27 mai 2016

Mon désir est un geste d’adieu.

Mon désir est un geste d’adieu.
Nos solitudes sont des passerelles, des bateaux ivres, des radeaux de fortune, accrochés à nos élans comme des ombres oppressantes défiant les frontières de nos peaux. Mille absences grouillent tout autour. Mille échafauds prêts à couper la tête aux images...
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